"Le coeur en dehors", Samuel Benchetrit

Publié le par Lilie

La lecture, c'est le croisement d'un tas de routes : petit chemin, grande voie rapide... 

Il y a des livres de rien, des livres de peu, des livres de tout. Il y a la vie autour de nous lorsqu'on les rencontre. Il y a des libres bonbons, des livres pleins, des livres fous...

 

Il y a des livres qu'on a envie de défendre...


Je l’ai acheté pour ces phrases... La première du livre : « Au début, je croyais que Rimbaud, c’était une tour.». Et puis, celles-ci, données sur la 4ème de couverture : « tu sais, Charly, il faut aimer dans la vie, beaucoup… Ne jamais avoir peur de trop aimer. C’est ça, le courage ; ne sois jamais égoïste avec ton cœur. S’il est rempli d’amour, alors montre-le Sors-le de toi et montre-le au monde. Il n’y a pas assez de cœurs courageux. Il n’y a pas assez de cœurs en dehors… »

 

Et puis j’ai lu la critique de Lire… Ca  commençait mal, c’était titré le « match des beaux gosses » (deux livres sont comparés). Lorsque l’auteur existe par sa gueule avant son livre, c’est rarement bon signe. Là, ça a donné ceci :

« Points forts du livre = la photogénie de l’auteur et sa capacité à être « bon client » sur les plateaux de télévision (qui parmi vous connait la tête de Samuel Benchetrit ? Il me semble qu’il y a bien d’autres auteurs « bons clients télés »… m’enfin…) Ah ! Et les points forts du livre ? Points faibles : On ne sait ce qui est le pire dans "Le cœur en dehors". Serait-ce cette agaçante vision de la banlieue et de ses habitants ? Ses saynètes lourdement caricaturales ? La profonde démagogie du propos ? Ou cette écriture « faux jeune » qui relève à peine du français ? »


Certes, c’est un livre inégal, et ôter systématiquement tous les « ne » de négation ne me parait pas nécessaire pour rendre crédible le discours de l’enfant-narrateur : il y a des « ne » écrits qui ne s’entendent pas à l’oral. Mais j’ai pensé à "La vie devant soi" de Romain Gary (livre savoureux) et j’ai aimé découvrir cette vision de la banlieue par un enfant  - bébé collégien - qui pourrait raconter, de la même manière mais avec d’autres paysages, son village et ses questionnements sur la vie, l’amour. On le suit une journée. Une journée différente parce qu’au matin, avant d’aller à l’école comme tous les gamins, sa mère, africaine, est arrêtée par la police. La « profonde démagogie » réside-t-elle dans le fait de donner un nom, une vie, à une femme sans-papier, expulsable malgré son enfant français ? Samuel Benchetrit effleure par les mots une réalité parmi d’autres, qu’il ne conclut pas.

Je ne regrette pas de l’avoir lu. J’y ai retrouvé l’ambiance décalée, grise et lumineuse, de son film « J’ai toujours rêvé d’être un gangster ».

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khanouff 02/10/2009 11:52


J'ai entendu parler de ce livre, l'auteur a été l'invité parait-il chez Ruquier, mais j'ai raté l'émission et là tu me donnes envi de le lire.
Bonne journée.


Lilie 02/10/2009 14:19


J'en suis contente, pour moi c'est un bon moment de lecture, imparfait sûrement mais avec de belles choses. Ruquier tu dis ? dommage, j'ai manqué aussi, j'aurais aimé entendre l'auteur...