L' île de Lilie
Parce que je n'écris pas que des poèmes, un vieux texte retrouvé (1999), écrit en
atelier...
En face de la glace, lentement, fard après fard, couleur après couleur, je deviens clown. Je me pare de cette infinie solitude qui s'enroule en tout homme. Je m'habille de naïveté.
En dessinant mon immense sourire, j'oublie qui je suis, ce que j'ai vécu. Je n'ai plus ni passé, ni avenir. Seul existe mon sourire qui grimace. Le temps cesse de courir : je suis le clown,
irréel compagnon d'infortune.
Je suis celui qui ne réfléchit pas, qui prend la vie à bras le corps.
C'est la vie, avec ses roses, avec ses coups, qui me façonne. Je ne suis plus qu'une marionnette colorée, sans raison mais avec coeur.
Mon regard, noyé de blanc, découvre le monde, s'émerveille. Il s'étonne de la méchanceté des choses.
Prendre un instant les souffrances ce chacun, pour que, léger, il puisse s'envoler dans un rire, un éclat de joie fabuleux : c'est cela, être clown.
Mais le secret, c'est de ne pas se prendre au sérieux. C'est rire de ses propres maladresses.
(Comme d'habitude, texte non libre de droits... merci !)
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