Simonetta Greggio

Publié le par Lilie

La lecture, c'est le croisement mystérieux d'un tas de routes : petit chemin, grande voie rapide...
Il y a des livres de rien, des livres de peu, des livres de tout. Il y a la vie autour de nous lorsqu'on les rencontre. Il y a des livres bonbons, des livres pleins, des livres fous...

Il y a des livres dont on extrait des phrases, collection de mots qu'on emporte en soi, dont la langue souple dit impeccablement juste...

Mon premier livre, ma première pêche des mots de Simonetta Greggio, auteure italienne écrivant en français, s'appelle
La douceur des hommes.
"J’ai été sobre avec volupté. J’ai été voluptueuse avec sagesse."
"Ma vertu, c’est les hommes. Mon rythme, c’est eux. Leur douceur. Il faut juste leur en laisser la possibilité, tu sais, le droit de l’être. [...] Un homme doux transporte avec lui l’enfant qu’il a été et le vieillard qu’il sera, sa violence et la fierté de savoir y renoncer. […] Un homme doux, c’est toute la douceur du monde […] la dernière rose en décembre […] Ce qui fait la force d’un homme, c’est sa douceur."
" Ce qui est sûr, c’est que c’est la première plaie qui a le plus de mal à se refermer, et là-dessus les cicatrices se succèdent, à la fin on n’est plus qu’une masse de bleus et de bosses plus ou moins anciens, mais on avance quand même, on se relève encore, et parfois on n’est pas encore relevé qu’on est KO à nouveau, et alors il faut surtout respirer pianissimo et se faire oublier. Puis la lumière s’infiltre doucement et l’envie de vivre revient. En attendant, on peut toujours se mettre en boule comme un chat, et faire semblant de n’être pas là."
"J’ai joué à l’idiote et j’ai gagné."
"Quand on aime, on n’a pas le droit de ne pas le crier aux oreilles de l’autre, des fois qu’il ne comprendrait pas…"
"Je t’aimerai depuis toujours"

Etoiles est ma deuxième découverte. Une longue nouvelle d'amour et de cuisine.
"Les macarons, c'est comme toi : craquants au-dehors et moelleux en-dedans."
"Quand on vous fait très mal, la seule revanche qui vous reste est celle de vous en faire plus encore."
"[...] puisque la réalité est parfois aussi romanesque que les livres, pourquoi eût-il fallu qu'il s'en plaigne ?"
"Comme quand on tombe amoureux sachant que c'est comme entrer dans la mer, et qu'il faudra nager ou couler."
"Il la but toute la nuit, comme il l'aurait fait d'une rose après la pluie."
"La vie ce matin était si belle que ça lui faisait peur".
"L'incandescence s'accommode-t-elle du bonheur ? Le bonheur, de l'incandescence ? La tranquilité, de la passion ? La passion, de la vie ensemble ? Marche-t-on ailleurs que sur un fil quand on vit réellement sa vie au lieu de la subir ?"
"Alors elle l'embrassa comme les femmes embrassent les hommes pour les consoler de ne jamais les comprendre tout à fait"

Mon dernier bonheur de lecture est son dernier roman, Les mains nues (éditions Stock) :
"Mais changer de direction aurait été renoncer à soi-même. Ce que nous n'avons pas fait."
"Pourquoi les adultes pensent que les enfants sont sourds ?"
"Pourquoi certaines choses restent avec nous au fil des pertes et d'autres pas ? Ce à quoi l'on tient n'est pas ce qu'on garde le plus longtemps."
"Tout recommencer chaque jour sans me poser de questions, sachant juste que ce que je faisais était bien, que ce que je savais était utile et que le monde était un peu meilleur parce que j'avais la force de tenir; jour après jour."
"Seulement, on ne peut pas indéfinimement tromper la mémoire, ni se soustraire au destin"
"Il faudrait que j'explique à cette fille que quand on tient un amour, on le garde, on le défend contre lui-même et contre les autres. Que les hommes sont lâches, fragiles et idiots. Qu'ils s'en vont avec la plus forte, et que leur faiblesse et leur orgueil les empêchent de revenir, même quand ils se sont trompés"
"Le ciel à cette heure-ci ressemble aux yeux d'un nouveau-né avant que l'on sache de quelle couleur sera l'iris"
"A quinze ans, on est ni d'un côté, ni d'un autre, juste au milieu, même si on sait déjà beaucoup de choses, parfois autant qu'on n'en saura jamais"
"De la connerie ou de la cruauté, qu'est-ce qui tue le plus ?"
"Ceux qui nous ont fait du mal conservent sur nous un pouvoir démesuré. Est-ce que c'est parce qu'on a souffert à cause d'eux qu'on les aime plus qu'on ne le voudrait ? Ou profitent-ils, justement, de ce qu'on les aime trop pour nous blesser ?"
"On ne peut pas se boucher les oreilles quand les voix viennent de l'intérieur."
"Elle disait que le temps n'exerce pas sa tyranie quand l'esprit choisit son rythme et donne sa propre mesure. Elle disait que c'était ça, la liberté."

Publié dans Bibliothèque

Commenter cet article

Caroline.K 14/04/2009 11:07

Enfin une non dictatrice de la lecture, çà fait plaisir Lilie....Comme les esprits se rencontrent souvent, mon amoe grâce m'a offert un certain nombre de petits livres courts dont "Etoiles" de S. Greggio, alors je prendrais mon temps pour le lire. La bise de Caro

Lilie 14/04/2009 15:54



J'aime proposer une émotion de lecture mais imposer un livre, non sûrement pas... Chacun prend ce qu'il veut quand il veut



Caroline.K. 03/04/2009 20:26

Une amie m'a conseille de lire etoiles, je crois me souvenir que c'etait le meme nom d'auteur, mais je suis partie sur autre chose entre temps, mais qui sait ce que jái lu m'a donne envie de la decouvrir en tout cas. A bientot lilie

Lilie 03/04/2009 20:42



J'aime donner envie de découvrir... Tu rencontreras les mots de Simonetta Greggio lorsque ce sera "ton" moment, c'est le mystérieux et la magie de la lecture je trouve.



fabienne 03/04/2009 15:59

oh la la c'est magnifique, je vais aller chercher "la douceur des hommes" et Etoiles. Merci pour ces merveilleux passages qui donnent vraiment envie de lire les livres en entier? merci à toi

Lilie 03/04/2009 18:34


J'espère que tu ne seras pas déçue !